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Alcool au volant Belgique : seuils et sanctions | SosAmendes

Seuil 0,22 mg/l : 179 €. Dès 0,35 mg/l : citation Tribunal + amende de 2 000 € minimum (art. 34 Loi 16.03.1968).

Mis à jour le 13 avril 2026

En bref

Seuil 0,22 mg/l : 179 €. Dès 0,35 mg/l : citation Tribunal + amende de 2 000 € minimum (art. 34 Loi 16.03.1968).

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L'alcool et les drogues au volant constituent, avec la vitesse excessive, le contentieux roulage le plus lourd de Belgique. Les sanctions ont fortement durci au cours des dernières années, et le passage du multiplicateur des décimes additionnels de ×8 à ×10 le 1er février 2026 a mécaniquement augmenté de 25 % toutes les fourchettes d'amendes prononcées par le Tribunal de police. Ce guide rassemble les quatre paliers d'alcoolémie, les seuils de retrait immédiat, le régime alcolock et la procédure drogues — avec les références légales exactes pour chaque sanction.

Les quatre paliers d'alcoolémie

L'alcoolémie en Belgique se mesure en milligrammes par litre d'air alvéolaire expiré (AAE), et non en grammes par litre de sang comme en France. Les seuils sont fixés par l'article 34 de la Loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière :

Palier AAEÉquivalent sangQualificationAction policeSanction 1ʳᵉ infraction
0,22 – 0,35≈ 0,5 – 0,8 g/lSanction administrative (art. 34 §1)3 h interdiction de conduire + perception immédiate 179 €200 – 4 000 € si tribunal
0,35 – 0,50≈ 0,8 – 1,1 g/lDélit roulage (art. 34 §2)6 h + citation Tribunal2 000 – 20 000 € + déchéance
0,50 – 0,78≈ 1,1 – 1,8 g/lDélit roulage aggravé6 h + citation TribunalIdem + alcolock optionnel
≥ 0,78≈ 1,8 g/lDélit roulage très grave15 h + retrait immédiat possibleIdem + alcolock obligatoire (art. 37/1)

Les montants Tribunal sont exprimés après application des décimes additionnels ×10 depuis le 1er février 2026 (Loi du 5 mars 1952 modifiée). Une amende de base de 200 € à 2 000 € prévue par l'art. 34 §2 devient ainsi 2 000 € à 20 000 € en condamnation effective.

Le retrait immédiat du permis (art. 55)

L'article 55 de la Loi du 16 mars 1968 autorise le procureur du Roi à ordonner le retrait immédiat du permis de conduire en cas d'infraction grave. Pour l'alcool, les durées d'interdiction de conduire imposées sur place par la police sont :

  • 3 heures pour un taux entre 0,22 et 0,35 mg/l ;
  • 6 heures pour un taux entre 0,35 et 0,78 mg/l ;
  • 15 heures pour un taux ≥ 0,78 mg/l.

Au-delà de ces interdictions immédiates, le Procureur du Roi peut décider — sur signalement de la police — un retrait administratif du permis pour 15 jours, prolongeable jusqu'à 6 mois (art. 55bis). C'est une mesure conservatoire avant le jugement définitif.

L'alcolock — système d'antidémarrage éthylométrique

L'alcolock est un dispositif d'antidémarrage qui empêche le démarrage du véhicule si le conducteur affiche un taux d'alcool dans son haleine. Il a été introduit en droit belge par les articles 37/1 et 37/2 de la Loi du 16 mars 1968 (anciennement 61bis/61ter avant la renumérotation).

  • Taux entre 0,50 et 0,78 mg/l : le juge peut imposer l'alcolock pour 1 à 3 ans (faculté).
  • Taux ≥ 0,78 mg/l ou récidive : l'alcolock est obligatoire pour une durée minimum de 1 an, sauf décision motivée contraire du juge.

Le coût total à charge du condamné est lourd : installation (≈ 1 500 – 2 000 €), location mensuelle (≈ 100 – 150 €/mois), programme d'encadrement obligatoire (≈ 500 – 1 000 €), maintenance et calibration. Sur une période de 2 ans, le coût total dépasse fréquemment 5 000 €, à charge intégrale du condamné. Aucune aide publique n'est prévue.

Drogues au volant — l'article 37bis

L'article 37bis de la Loi du 16 mars 1968 sanctionne la conduite sous l'influence de substances stupéfiantes. Contrairement à l'alcool, il n'existe pas de seuil quantitatif : toute trace détectable d'une des substances de la liste fixe entraîne sanction. La liste comprend :

  • THC (cannabis) : seuil de détection 1 ng/ml dans le sang ;
  • Amphétamines : seuil 25 ng/ml ;
  • MDMA / ecstasy : seuil 25 ng/ml ;
  • Cocaïne et benzoylecgonine : seuil 25 ng/ml ;
  • Morphine (héroïne) : seuil 10 ng/ml.

La procédure est en deux temps : d'abord un test salivaire opéré sur le bord de la route par la police, puis en cas de positivité un prélèvement sanguin confirmatif réalisé par un médecin requis. Le résultat sanguin est seul opposable. La sanction est alignée sur celle de l'alcool ≥ 0,35 mg/l : citation Tribunal, amende de 2 000 € à 20 000 €, déchéance probable.

Refus de test — la pire stratégie

Le refus de se soumettre au test d'haleine, au test salivaire drogues, au prélèvement sanguin ou à l'examen médical est une infraction autonome prévue par les articles 34 §2, 59 et 59bis de la Loi du 16 mars 1968. Le refus est traité comme si l'automobiliste avait été contrôlé positif au seuil le plus élevé : déchéance du droit de conduire probable, amende lourde, retrait immédiat du permis.

Refuser n'est donc jamais avantageux. La seule défense crédible reste la contestation a posteriori des conditions d'exécution du test (calibration de l'éthylomètre, qualification du médecin requis, chaîne du froid de l'échantillon sanguin).

Récidive dans les 3 ans (art. 38 §6)

L'article 38 §6 de la Loi du 16 mars 1968 définit la récidive roulage : commission d'une nouvelle infraction grave (alcool ≥ 0,35, drogues, refus, délit de fuite) dans les 3 ans suivant une condamnation définitive précédente. Effets de la récidive :

  • Amendes doublées sur les minima et maxima ;
  • Déchéance obligatoire d'au moins 3 mois (au lieu d'un minimum de 8 jours en première infraction) ;
  • Examens médicaux, psychologiques, théoriques et pratiques imposés pour récupérer le droit de conduire (art. 38 §3) ;
  • Alcolock obligatoire pour les récidives alcool quel que soit le taux ;
  • Inscription sur le permis à points roulage (en projet).

La récidive est l'événement qui transforme un dossier alcool « courant » en condamnation lourde avec impact professionnel et social majeur.

Décimes additionnels — le multiplicateur ×10 depuis 2026

Toutes les amendes pénales prononcées par les tribunaux belges sont calculées sur une base définie par la loi spéciale (ici la Loi du 16 mars 1968), à laquelle s'appliquent les décimes additionnels prévus par la Loi du 5 mars 1952. Depuis le 1er février 2026, le multiplicateur est passé de ×8 à ×10 (loi de programme du 18 décembre 2025), ce qui augmente mécaniquement de 25 % toutes les fourchettes d'amendes pour les faits commis à partir de cette date.

Exemple chiffré. L'art. 34 §2 prévoit pour le taux 0,35–0,78 mg/l une amende de base de 200 € à 2 000 €. À l'ancien multiplicateur ×8, l'amende effective était de 1 600 € à 16 000 €. Au nouveau multiplicateur ×10, elle est désormais de 2 000 € à 20 000 €. La fourchette communiquée dans la presse antérieure à 2026 est obsolète et doit être augmentée d'environ 25 %.

À noter : les montants de perception immédiate fixés par l'Arrêté royal du 19 avril 2014 (179 € pour le seuil 0,22-0,35 mg/l, par exemple) ne sont pas multipliés par les décimes additionnels — ils sont fixés en euros nominaux par l'AR lui-même.

Déchéance du droit de conduire (art. 38)

L'article 38 §1 de la Loi du 16 mars 1968 énumère les infractions pour lesquelles le juge peut prononcer la déchéance du droit de conduire. L'alcool et les drogues figurent au 6° : la déchéance va de 8 jours à 5 ans. Le juge la prononce quasi-systématiquement dès le franchissement du seuil pénal (0,35 mg/l). Au-delà de 0,78 mg/l ou en cas de récidive, la déchéance est encore plus systématique et plus longue.

La déchéance peut être assortie de la condition de réussir des examens : examen médical (alcool/drogues), examen psychologique, examen théorique et examen pratique. C'est cette dernière exigence qui peut prolonger la perte effective du permis de plusieurs mois après la fin de la déchéance formelle.

Conclusion

L'alcool et les drogues au volant en Belgique sont sanctionnés selon une logique strictement croisée : un palier d'article 34 de la Loi du 16 mars 1968 déclenche la nature pénale ou administrative ; le Procureur du Roi ordonne le retrait immédiat (art. 55) ; le Tribunal de police prononce l'amende multipliée par les décimes additionnels ×10 depuis février 2026 et la déchéance facultative (art. 38 §1, 6°). Trois réflexes : ne jamais refuser le test (traité comme le pire palier), vérifier votre assurance protection juridique avant de plaider, et consulter un avocat dès la signification de la citation — les enjeux financiers et de mobilité sont disproportionnés par rapport au coût d'une défense préparée.

Questions frequentes

Quelle différence entre les seuils belges et français ?

La Belgique exprime l'alcoolémie en **mg/l d'air alvéolaire expiré (AAE)**, tandis que la France utilise le g/l de sang. Les seuils belges sont : 0,22 mg/l (équivalent ≈ 0,5 g/l de sang — sanction administrative), 0,35 mg/l (≈ 0,8 g/l — citation Tribunal), 0,50 mg/l (alcolock optionnel) et 0,78 mg/l (alcolock obligatoire). Le seuil de tolérance zéro pour les jeunes conducteurs n'existe pas formellement en Belgique, contrairement à la France.

Puis-je refuser le test d'haleine ou le test sanguin ?

Non. Le refus de se soumettre au test d'haleine, au test sanguin ou au test salivaire (drogues) est une infraction autonome traitée comme l'infraction la plus grave selon l'**article 34 §2 et l'article 59 de la Loi du 16 mars 1968**. Le refus est sanctionné comme un taux ≥ 0,78 mg/l : citation Tribunal, déchéance possible, retrait immédiat du permis. Refuser n'est jamais une stratégie défendable.

Combien coûte l'installation et la location d'un alcolock ?

L'installation initiale d'un alcolock par un installateur agréé par le **SPF Mobilité** coûte généralement entre **1 500 € et 2 000 €**. La location mensuelle (calibrage, maintenance, lecture des données) tourne autour de **100 € à 150 € par mois** pour la durée imposée par le juge (généralement de 6 mois à 3 ans). À cela s'ajoutent les frais de programme d'encadrement obligatoire et les contrôles périodiques. Le coût total dépasse souvent 5 000 € sur deux ans.

À partir de quel seuil le juge prononce-t-il une déchéance ?

La déchéance du droit de conduire est facultative à partir du seuil pénal de **0,35 mg/l AAE** (art. 38 §1, 6° de la Loi du 16 mars 1968). Elle est **quasi-systématiquement prononcée** par le juge de police dès le franchissement de ce seuil, surtout au-dessus de 0,50 mg/l. En cas de récidive dans les 3 ans, la déchéance devient **obligatoire pour un minimum de 3 mois** (art. 38 §6).

Un test positif au THC entraîne-t-il une condamnation automatique ?

Oui, en pratique. L'**article 37bis de la Loi du 16 mars 1968** sanctionne pénalement la conduite après usage de substances stupéfiantes (cannabis, amphétamines, MDMA, cocaïne, morphine) dès que la présence est détectée par test salivaire confirmé par analyse sanguine. Contrairement à l'alcool, il n'existe pas de seuil quantitatif : toute trace détectable est sanctionnée. La sanction est identique au seuil alcool ≥ 0,35 mg/l : citation Tribunal, amende lourde, déchéance probable.

Quand le compteur de récidive est-il remis à zéro ?

Le délai de récidive prévu par l'**article 38 §6 de la Loi du 16 mars 1968** est de **3 ans** à compter de la condamnation définitive précédente (jugement passé en force de chose jugée). Si vous commettez une nouvelle infraction alcool ≥ 0,35 mg/l, refus de test, ou délit de fuite dans ce délai de 3 ans, vous tombez sous le régime de la récidive : déchéance minimale de 3 mois obligatoire et examens médicaux/psychologiques imposés.

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